Depuis quelque temps, on me demande parfois pourquoi je ne participe pas à des concours de miss en tant que maquilleuse.
La question revient souvent, et je pense qu’il est important d’y répondre avec sincérité, sans jugement et avec bienveillance.
Avant tout, je tiens à préciser une chose essentielle : je respecte profondément les femmes qui choisissent de participer à des concours de beauté. Certaines y trouvent de la confiance en elles, des rencontres, une expérience enrichissante, des opportunités professionnelles ou personnelles. Et sincèrement, si cela leur apporte quelque chose de positif, alors je les encourage à vivre cette aventure pleinement.
Mais de mon côté, je ne me reconnais pas dans cet univers.
Ayant toujours eu des problème de poids excessifs, j’ai grandi avec l’image des concours de beauté comme quelque chose basé principalement sur le physique, sur des critères esthétiques précis, souvent éloignés de ce que je voyais dans le miroir.
Quand je regardais des concours comme Miss France plus jeune, je ne me suis jamais identifiée. Jamais reconnue.
Je regardais ça de loin, avec l’impression que ce monde n’était pas fait pour des personnes comme moi.
Et pourtant, aujourd’hui, je travaille dans la beauté.
J’aime profondément la beauté.
Mais ma vision de la beauté est différente.
Pour moi, la beauté ne devrait jamais être une compétition.
Elle ne devrait pas être une comparaison entre plusieurs femmes.
Elle ne devrait pas dépendre d’un classement ou du regard d’un jury.
Ce que j’aime dans mon métier d’artiste maquilleuse, c’est révéler une personne, mettre en lumière sa personnalité, son énergie, son histoire. Pas l’évaluer.
Je sais que les concours ont évolué avec le temps, qu’ils mettent davantage en avant la prise de parole, les projets, les engagements. Et c’est une bonne chose.
Mais malgré cela, je n’arrive toujours pas à me sentir alignée avec ce fonctionnement.
Il y a aussi une réalité professionnelle dont on parle peu : participer à ce type d’événement demande énormément d’investissement pour une maquilleuse.
Le maquillage professionnel représente un coût important : les produits, l’hygiène, le renouvellement du matériel, le temps de préparation, les déplacements, l’énergie… Tout cela est de la matière première et du travail.
Et malheureusement, dans beaucoup de concours, cet investissement n’est ni rémunéré, ni réellement valorisé.
On nous parle souvent de visibilité.
On nous dit que cela apportera des clientes, de la reconnaissance, des opportunités.
Mais dans mon expérience personnelle, cela n’a jamais été le cas.
J’ai déjà proposé des lots pour certains concours.
Les gagnantes ne sont jamais venues profiter de leurs cadeaux.
Une seule personne m’a contactée… avant d’annuler finalement le rendez-vous.
Alors avec le temps, j’ai compris une chose importante : la visibilité seule ne paie ni les charges, ni les produits, ni le temps passé.
Aujourd’hui, je préfère investir mon énergie dans des projets qui me ressemblent davantage.
Des projets humains.
Des mises en beauté où les personnes viennent pour se sentir elles-mêmes, et non pour correspondre à des critères.
Cela ne veut pas dire que les concours de beauté sont “mauvais”.
Simplement, ils ne sont pas faits pour moi.
Et je pense qu’il est important de rappeler qu’on peut aimer la beauté sans aimer la compétition autour de celle-ci.
Ma place, je l’ai trouvée ailleurs : dans l’accompagnement, l’écoute, l’émotion, la créativité et la mise en valeur de toutes les beautés, sans condition.
